Tous les articles par Gaelle Lauby

Le rut du Chevreuil

Dès la mi-juillet jusqu’à mi-août c’est la période des amours qui démarre chez les chevreuils.

C’est l’occasion de les observer car les brocards (mâle du chevreuil) deviennent très actifs en cette période.

Ils se dépensent sans compter pour séduire les chevrettes. Les plus anciens repoussent les plus jeunes par des courses poursuites, comme illustré ci dessous…

Ils vont jusqu’à l’affrontement lors de rencontres avec des adversaires récalcitrants.

Cette année, j’ai observé plusieurs matins de suite un jeune brocard avec ses petits bois d’à peine quelques centimètres. Dès le lever du jour, il était dans la prairie en train de brouter tranquillement. J’ai pu l’observer d’assez près pour mon plus grand bonheur.

Tout à coup il est devenu nerveux et sur ses gardes. J’ai vite compris ce qui allait se passer. Cinquante mètres plus loin, le maitre des lieux le fixait. Lancé dans une course folle, il le fit déguerpir illico.

J’ai pu observer cette même scène plusieurs jours de suite.

Le petit brocard appelé aussi chevrillard couché sur le chemin

Il se lève et inspecte les alentours

Cool le petit broc!!!

Le photographe est démasqué

En alerte, le grand arrive!

La maître est dans les starting blocks à la vue du plus jeune!

D’un pas décidé

Le maître des lieux reprend son territoire…

Monsieur et madame sortis du champ de tournesol

Texte et photos: Gilbert Fortune

www.gilbertfortune.com

Sortie du samedi 23 août à Menthières sur le petit peuple de l’herbe

Le thème de cette sortie était le petit peuple de l’herbe et les papillons. Stéphane Gardien, naturaliste, l’a animée avec entrain et humour, nous dévoilant toutes ses connaissances sur les espèces et la vie foisonnante présente dans l’herbe.

Nous n’étions que 5 personnes présentes (est-ce la date de fin août qui en a retenu certains). Mais du coup, nous avons pu bénéficier de toutes les lumières de Stéphane en cours particulier !!!

Nous avons débuté par la prairie attenant au parking. La vie était déjà très active. La prairie est un support de nourriture et de pollinisation. Il y a un lien important et très fort entre les insectes et la flore.

L’ensemble du cycle de vie se fait sur un espace restreint. La diversité est beaucoup plus grande sur les prairies naturelles que sur les espaces artificiels.

Nous avons observé de jolies petites guêpes sauvages très calmes (polistes) de la famille des hyménoptères (environ 800 espèces).

Nous avons pratiqué une chasse aux petits insectes sous la directive et les conseils de Stéphane. Des dizaines de sauterelles et criquets sautaient dans tous les sens autour de nous.

Ils font partie des orthoptères (250 espèces), ont 2 paires d’ailes (1pour voler,1 pour les protéger).

Nous nous sommes ensuite intéressés aux araignées. (Arachnides, +de 8000 espèces). Elles possèdent 4 paires de patte et sont carnassières.

Puis, le soleil se faisant plus présent, les papillons se sont mis à voler et à se déplacer. La chasse au filet a débuté.

Ils font partis de l’ordre des lépidoptères. Il y a environ 256 espèces de jour et 5500 de nuit.

De plus, 40% des papillons de nuit volent le jour.

Les antennes de ceux de nuit sont fines, tandis que celles de ceux de jour ont des masselottes au bout.

Métilée
Azuré
Apollon

Nous avons encore vu d’autres espèces d’insectes à mesure que la température grimpait.

Ces observations nous ont mené jusqu’après midi.

Le temps s’est écoulé rapidement.

Stéphane nous captive toujours autant avec ses descriptions imagées de la nature. Il a su faire preuve de pédagogie et d’écoute.

Texte et photos: Jean-Loup Gaillard

Festival « Salamandre » 2025

Comme chaque année le festival « Salamandre » revient du 24 au 26 octobre à Morges avec pour thème des métamorphoses.

Métamorphose du vivant  comme la transformation de la chenille en chrysalide, d’où sortira un papillon ou aussi le cycle de la méduse moins connu.

Mais aussi métamorphose paysagère, comme le remembrement qui a changé le visage de nos campagnes.

En avant première au festival cette année, Vincent Munier nous présentera son nouveau film « Le chant des forêts », le vendredi 24 octobre, suivit d’un débat public.

Source: https://www.festival-salamandre.org/

Ce film nous invite à découvrir la nature sauvage des Vosges à travers le regard de trois générations de naturalistes de la famille Munier.

Source: https://www.festival-salamandre.org/

Une autre soirée spéciale est prévue le samedi 25 octobre avec la présentation du film de Vincent Verza « Le vivant qui se défend », suivit d’un débat avec le réalisateur et l’écrivain-chercheur Pablo Servigne.

Source: https://www.festival-salamandre.org/

La grande exposition sur le thème des métamorphoses fera la part belle à la matière et ses transformations.

Avec J.Rebouillat (Origamiste), le papier se transforme sous nos yeux en animaux avec leurs attitudes et leurs mouvements. Gaël Lavorel, nous fera découvrir ses observations naturalistes à travers ses aquarelles, gravures et sculptures.

Source: https://www.festival-salamandre.org/

Et comme toujours de nombreux films sur la nature seront projetés et de nombreuses animations ou ateliers proposés aux petits et aux grands.

La galerie des artistes nous offrira un tour d’horizon de ce qui se fait de mieux  au niveau photographies, peintures, illustrations, gravures et sculptures naturalistes.

Pour finir de nombreuses associations de protection de la nature seront présentes au Forum des associations et vous pourrez faire un tour au marché artisanal et éthique.

Pour le programme complet : https://www.festival-salamandre.org/

Bon festival.

Laurent Nibbio

La petite bibliothèque idéale d’Octobre

La petite bibliothèque idéale revient avec une rétrospective des livres sortis ce printemps et cet été, avec comme thème l’écologie politique et l’eau.

« Perspectives terrestres »

De Alessandro Pignocchi, édition du Seuil (écocène)

Sortie en Avril 2025

Cet essai hybride (mi bande-dessinée, mi essai) nous invite à repenser nos relations avec les vivants non humains (plantes, animaux et milieux de vie) pour sortir de la crise écologique que nous traversons.

A travers ses réflexions philosophiques, Alessandro Pignocchi esquisse un horizon stratégique aux luttes écologiques radicales et propose des scénarios optimistes pour sortir du capitalisme ou plutôt faire un « à côte » au capitalisme : par un retour au local, par la mise en réseau d’initiatives paysannes ou associatives, de ZAD et de squats pour gagner en autonomie.

Cet essai dense et foisonnant est entrecoupé d’aquarelles humoristiques et absurdes qui allègent le propos de l’auteur.

« Cultiver l’eau douce »

De Samuel Bonvoisin, François Goldin et Antoine Talin

Edition ULMER, sortie en Avril 2025

Cet ouvrage a pour ambition de nous faire comprendre le cycle de l’eau douce afin de le restaurer et pour limiter l’intensification des inondations et des sécheresses dû à l’altération des écosystèmes.

Les auteurs, spécialistes de la permaculture et de l’hydrologie régénérative (au site des Alvéoles dans la Drôme), nous offrent un guide pratique pour gagner en autonomie et créer des écosystèmes résiliants grâce à des techniques simples pour ralentir, retenir et infiltrer l’eau, des alliances avec les plantes (haie anti-érosion, jardin-forêt) et l’observation du contexte.

Cet ouvrage sera une bonne initiation à l’hydrologie régénérative et permettra de diminuer l’érosion des sols, alimenter les nappes phréatiques et recréer des micros-climats.

Ces solutions peuvent être mises en place à différentes échelles : jardin individuel, aménagement urbain ou pour des pratiques agricoles.

« On a mangé la mer »

De Maxime De Lisle et Olivier Martin

Edition Futuropolis, sortie en Mai 2025

Cette bande dessinée très documentée donne la parole aux acteurs de la filière de la pêche française, aux scientifiques et aux associations de la protection de la nature pour essayer de comprendre pourquoi les mers de nos côtes ont été vidées de 80 % de leurs poissons.

Cette enquête, à l’intérieur de ce système qui tue des centaines de milliers de tonnes de poissons par an, va explorer la complexité de la crise de la pêche et essayer de comprendre comment on en est arrivé à cette surconsommation de poissons avec ces pratiques et ces politiques publiques non durable.

En étudiant les responsabilités partagées des différents acteurs de la filière et des consommateurs, les auteurs arrivent à proposer des pistes pour mieux préserver notre patrimoine marin.

Les dessins tout en sensibilité d’Olivier Martin permettent d’adoucir ce constat sombre et d’entrevoir une touche d’espoir.

L’article « Le seigneur des panneaux » de Clémentine Méténier et M.Lerouge

La revue dessinée n°47-Printemps 2025

Cet article dessiné revient sur une nouvelle loi adoptée le 2 Février 2023 qui permet aux propriétaires forestiers d’apposer des panneaux « propriétés privés » sur leurs parcelles. En Isère, plusieurs associations se sont élevées contre cette loi qui réduit, selon elles, l’accès à la nature.

L’article « Sève qui peut » de Chloé Glad et Silki

La revue dessinée n°48-été 2025

Ce reportage se focalise sur certains projets de reforestation financés par des compagnies pétrolières ou aériennes et qui s’apparente plus à du greenwashing qu’à une recréation vertueuse de forêts.

Bonne lecture.

Laurent Nibbio

Les richesses du marais de Lavours

Nous sommes une quinzaine, en ce (très) chaud premier dimanche de juin, à nous retrouver à Aignoz, hameau de Ceyzérieu et porte d’entrée de la Réserve Naturelle Nationale du marais de Lavours, pour en découvrir les richesses grâce à Pierre Perrimbert, président des ARN du marais de Lavours – Bugey Nature, notre association-sœur, et fin connaisseur du site. Une visite « privée » qui nous réserve de belles observations floristiques et faunistiques.

Un arrêt devant le panneau d’accueil de la Réserve est l’occasion, pour Pierre, de nous conter l’histoire de la Réserve Naturelle créée en 1984 sur un secteur, entre Rhône et Séran, très marqué par les activités humaines. La diversité des habitats est intrinsèquement liée aux pratiques, notamment agricoles : l’intensification et le drainage, comme la déprise agricole, ont des effets néfastes sur le fonctionnement écologique des milieux et leur richesse naturelle. La Réserve, gérée par l’Entente interdépartementale pour la démoustication, joue un rôle primordial pour préserver cette biodiversité, tout comme le Département (le site étant aussi Espace Naturel Sensible) et les agriculteurs qui travaillent sur le site.

Notre découverte naturaliste débute en longeant le Séran, dont les rives témoignent de la dynamique naturelle de la rivière mais aussi des aménagements hydrauliques du bassin qui entrainent un abaissement de la nappe souterraine et de la rivière qui lui est associée. La gestion de l’hydrologie du marais est donc un des enjeux majeurs de sa préservation.

En sortant du milieu forestier, en plaine expansion, nous observons les traces du passage des (trop) nombreux sangliers du site qui sont chassables jusqu’en Réserve, pour tenter de limiter leur développement du fait de leur impact notable sur la végétation et les oiseaux nichant au sol.

Après une réjouissante pause dans le premier observatoire et ses environs (avec quelques pics et rousserolles qui ont ravi les ornithos) puis un ballet de libellules sous les rayons du soleil, nous prenons le chemin du marais qui abrite les espèces les plus typiques et exceptionnelles de la Réserve parmi lesquelles la ludwigie des marais, les utriculaires, l’orchis des marais, le séneçon des marais ou encore la laiche faux-souchet. Le cœur du marais, le plus humide, abrite une tourbière en fin d’activité qui émet du carbone, contrairement à une tourbière active. Le bilan carbone du marais est donc contrasté selon les secteurs.

Après une revigorante et rafraichissante pause méridienne à l’ombre de grands arbres, nous repartons en direction de la Réserve Naturelle pour emprunter le sentier sur pilotis afin de découvrir la diversité de milieux naturels présents sur le site : prairies humides, bois humides, mares et étangs, roselières, cariçaies et bien d’autres encore… A chaque milieu son cortège de plantes et d’animaux spécifiques, avec notamment des poissons, des libellules, des oiseaux, des amphibiens. Plus de 5 500 espèces ont déjà été recensées au sein de la Réserve ! Et, bientôt, des buffles pour remplacer les Highland cattles car plus dociles et plus efficaces pour maintenir les milieux ouverts, en complément de la gestion mécanique.

Avec les nombreux autres promeneurs que nous croisons sur le sentier (créé en 1986), nous sommes parmi les 35 000 visiteurs annuels du marais. Un équilibre est à trouver entre ambitions touristiques et évitement de la surfréquentation…

Comme nous sommes gourmands de nature, nous prolongeons la sortie sur l’autre secteur de la Réserve Naturelle, afin d’admirer quelques raretés : l’euphorbe des marais, l’ail anguleux (photos ci-dessous) ainsi que les œnanthes fistuleuse et de Lachenal. Nous nous quittons sur ces belles observations botaniques qui ont séduit même les moins phytophiles…

Merci à Pierre pour l’organisation et l’animation de cette journée exceptionnelle ! A notre tour d’accueillir les « Amis de Lavours » sur la Haute Chaine du Jura l’an prochain… N’hésitez pas à visiter le marais de Lavours, son sentier sur pilotis et sa Maison de la Réserve (nous rêvons d’une aussi belle pour la Haute Chaine du Jura…).

Pour aller plus loin…

– Le site des Amis du marais de Lavours (mais pas que…) : Bugey Nature

– Le site de la Réserve Naturelle du marais de Lavours

Texte et Photos : Marjorie Lathuillière