Impact du changement climatique
Vous l’avez peut-être remarqué en vous promenant dans la Réserve. Depuis plus de cinq ans, les épicéas et sapins dépérissent, en raison du réchauffement climatique, qui favorise l’explosion des populations de scolytes, ces petits coléoptères qui s’attaquent aux arbres affaiblis. Sur les 6000 hectares de forêt publique et les 1000 hectares de forêt privée concernés, la situation a bousculé toute la gestion sylvicole habituelle, rendant caduques les documents de gestion élaborés par l’ONF et les propriétaires.

Des règles pour protéger la forêt
Face à cette crise, la Réserve a piloté, aux côtés de l’ONF et des services de l’État, une large concertation avec l’ensemble de la filière bois. Deux arrêtés préfectoraux, obtenus sous l’égide du sous-préfet de Gex, encadrent désormais les coupes sanitaires (enlèvement des arbres morts ou mourants) dans la Réserve naturelle. Ils distinguent les coupes sur des petites surfaces des chantiers plus lourds, tout en posant des garde-fous importants pour la biodiversité : maintien de 10 à 20 arbres secs par hectare, absence de plantation systématique pour laisser faire la régénération naturelle, et limitation des interventions selon les enjeux écologiques. En 2025, 26 parcelles communales et privées ont fait l’objet d’une visite pour vérifier que ces principes soient bien respectés sur le terrain.

Collaboration avec l’ONF
Cette vigilance s’accompagne d’un travail de fond avec l’Office National des Forêts : révision des aménagements forestiers de Farges et de la Valserine cette année (Lélex et Fort l’Écluse suivront en 2026), transmission des données naturalistes en amont des décisions, et une journée annuelle de cohésion entre les équipes de l’ONF et les agents de la Réserve.

Evolution des forêts
Le suivi scientifique mené avec l’ONF pour mesurer l’évolution de la forêt dans le temps dresse un premier constat encourageant mais nuancé. La forêt se régénère naturellement sur 43% de sa surface, largement au-dessus du seuil de 20% jugé suffisant, portée par le hêtre, suivi du sapin en moyenne altitude. Le bois mort a nettement augmenté, atteignant désormais un volume comparable à celui des forêts naturelles : une bonne nouvelle pour la biodiversité, même si sa diversité reste encore limitée. Plus préoccupant : la densité des arbres recule depuis 2015, et l’épicéa perd du terrain à toutes les altitudes, tandis que le sapin amorce une remontée vers les sommets, signe d’une forêt qui s’adapte, doucement, au changement climatique.
Ces informations sont un petit résumé de ce qui concerne les forêts dans le rapport d’activité 2025 de la Réserve. Pour plus de détails, le consulter.
Gaëlle Lauby Cuillerot