Une assemblée générale placée sous le signe de la convivialité et de la reconnaissance

L’association des ARN a tenu le 24 janvier dernier son assemblée générale annuelle dans une ambiance chaleureuse. Membres et partenaires se sont réunis pour faire le bilan de l’année écoulée et évoquer les projets à venir.

Une conférence enrichissante

À l’issue de la partie statutaire, les participants ont assisté à une conférence particulièrement appréciée sur l’histoire de la création de la Réserve Naturelle Nationale de la Haute-Chaîne du Jura. En effet, les Amis de la Réserve sont étroitement liés à cette création, et revenir sur celle-ci permettait de mettre en avant le magnifique travail de plus de 20 ans d’anciens membres. Les intervenants ont par ailleurs su captiver l’auditoire au travers de leurs souvenirs et anecdotes (Alexandre Malgouverné, Jacques Duthion, Jacques Bordon, Pierre-Maurice Laurent, Renée Depraz). Une exposition de photos était également disponible sur place pour raconter cette histoire.

Les nombreuses questions posées en fin de séance ont démontré l’intérêt suscité par cette présentation, qui a constitué un véritable temps fort de la soirée.

Un moment convivial pour clôturer la rencontre

La rencontre s’est poursuivie autour d’un pot de l’amitié, offrant à chacun l’occasion d’échanger de manière informelle.

La petite bibliothèque idéale de Mars

Malgré les températures printanières de ces derniers jours, je vous invite à rester encore un peu en hiver avec cette « bibliothèque idéale » dédiée en partie à la montagne et au grand froid.

« Danser avec le vent »

D’Emmanuel Lepage, édition Futuropolis

Sortie en novembre 2025

Douze ans après l’album « Voyage aux îles de la désolation », Emmanuel Lepage embarque une nouvelle fois à bord du bateau le « Marion Dufrene » à destination des îles de Kerguelen.

Cette fois ci, il restera sur place pour vivre avec les scientifiques du programme « éléphants de mer » et rendre compte de leur travail.

A travers ce récit de voyage, l’auteur nous fait découvrir la vie sur ses îles au climat rude, les liens qui se créent et les difficultés à vivre en petite communauté coupée de tout.

Nous apprenons les motivations intimes, les ressentis lors du séjour et du retour de ces scientifiques qui passent l’hivernage sur ces îles.

Les magnifiques dessins à l’aquarelle de l’auteur, nous plonge dans la vie de cette communauté et nous fait ressentir la rudesse du climat de ces magnifiques paysages.

Pour poursuivre le voyage : les bandes dessinées « voyage aux îles de la désolation » et « La lune blanche » du même auteur.

« Le mal des montagnes » 

Divers auteurs, Hors série la Revue Dessinée et Reporterre

Sortie en octobre 2025

Ce hors série de « la Revue Dessinée » en partenariat avec le médiat en ligne « Reporterre » propose un état des lieux de la montagne à l’heure du changement climatique.

Les différents reportages nous questionnent sur notre vision de la montagne, son exploitation économique et l’impasse vers laquelle nous allons :

« C’est parti pour le chaud » nous entraîne sur le terrain avec des scientifiques qui étudient l’évolution des écosystèmes alpins face au changement climatique.

Ces écosystèmes très riches en biodiversité mais aussi plus vulnérables aux perturbations humaines et au changement climatique, sont-t’ils en train de s’effondrer ? C’est à cette question que cette article tente de répondre.

L’article « Béton maudit » avec ses très beaux dessins aux crayons de couleurs, enquête sur les stations de ski et leur modèle économique à l’heure du réchauffement climatique et du manque de neige toujours plus important. Nous découvrons ainsi des stations de moyenne montagne qui ferment, qui s’entêtent dans un système qui utilise toujours plus de neige artificielle ou qui essaient de changer de modèle pour aller vers un fonctionnement plus durable.

Le reportage « Le poids du monde » suit les exploits du Youtubeur « Inoxtag » lors de son ascension de L’Everest . A travers lui, cet article nous montre les dérives de ces ascensions organisées comme des voyages touristiques et les conséquences sur ces grands sommets.

Enfin d’autres reportages dessinés aborderons d’autres facettes de la montagne et de possibles solutions à ces problèmes de surconsommation de la nature.

« Sensible par nature »

De Delphine Arbelet-Bonnin et Lucia Sylvain Bonfanti, édition Ulmer

Sortie en septembre 2025

Ce livre de 2 biologistes nous invite à voir les plantes autrement. De nouvelles découvertes scientifiques bouleversent notre perception des plantes pour nous les montrer comme elles sont réellement : des êtres vivants actifs, évolués et sensibles.

A travers les différents chapitres, les autrices retracent d’abord l’histoire de nos relations avec les plantes (les croyances et les récits associés aux plantes) pour ensuite les observer à la loupe et enfin nous faire découvrir leurs capacités sensibles insoupçonnés grâce à des expériences. Avec ce livre richement illustré ,par de nombreux schémas, des photos de microscopies et même des vidéos accessibles par QR code, vous saurez tout des capacités sensibles des plantes.

A lire aussi :

« Arbres, secret de géants »

Ce beau livre des éditions « La salamandre » propose un tour d’horizon de 24 arbres incontournables de nos régions.

« Le réseau des tempêtes »

Le nouveau livre de Pablo Servigne nous propose de créer des liens sociaux pour résister aux futures crises.

Bonne lecture.

Laurent Nibbio

Les oiseaux du jardin en hiver

L’hiver arrivant (avec le froid, la neige, le gel, la raréfaction de la nourriture), les oiseaux se rapprochent des jardins et des habitations.

Il y a les habitués qui sont là à l’année et ont tendance à jouer les caïds et à faire la police : moineaux, merles, pies.

Le premier à revenir et à annoncer des temps moins cléments est le rouge gorge. Après avoir passé les beaux jours dans les bois et les haies, il se rapproche au plus près des maisons.

Ensuite, les mésanges bleues et charbonnières prennent leurs quartiers d’hiver. Elles n’ont jamais été bien loin, se nourrissant de chenilles dans les vieux arbres fruitiers encore présents.

Le pic épeiche, aussi présent tout au long de l’année, fait des apparitions plus visibles et fait bec de tout bois. Il doit parfois manquer de jugeote ou de goût !!!!

Cette année, un petit nouveau a élu domicile dans les arbrisseaux présents et vient prendre sa part de graines. Il s’agit du troglodyte mignon. C’est le plus petit et le plus joli.

Enfin, un pinson du Nord a fait escale quelques jours pour se reposer avant de continuer son périple migratoire.

D’autres passereaux et petits oiseaux fréquentent aussi nos jardins et abords d’habitations.

C’est toujours un enchantement pour les yeux de les observer et de comprendre leur comportement.

Ci dessous, vous trouverez un lien pour visualiser une vidéo sur le nourrissage des oiseaux en hiver.

En effet, il y a quelques précautions à prendre pour que ceux-ci ne pâtissent pas d’un mauvais comportement de notre part malgré toute notre bonne volonté.

Texte et photos : Jean-Loup Gaillard

L’Hellébore fétide : la guerrière de l’hiver

Une fleur qui brave le froid
En me promenant sur la route forestière au-dessus de Vesancy début février, j’ai été intriguée de voir au milieu des feuilles mortes et des tiges grises, une plante dressant fièrement ses clochettes vert pâle bordées de rouge. C’est l’Hellébore fétide (Helleborus foetidus), l’une des rares fleurs sauvages à s’épanouir en plein hiver dans notre région. Malgré son nom peu avenant, c’est une très jolie plante.

Superpouvoirs #1 — Elle résiste au gel
L’Hellébore fétide est une plante coriace. Ses feuilles persistantes, sombres et découpées, restent vertes toute l’année, même sous la neige. Ses fleurs supportent des températures négatives sans broncher.

Superpouvoirs #2 — Elle nourrit les abeilles en fin d’hiver
Quand toutes les autres fleurs ont disparu, l’Hellébore fétide offre du nectar et du pollen aux premiers insectes pollinisateurs qui sortent dès qu’il fait plus doux. Pour les abeilles et bourdons sauvages qui émergent en février-mars, c’est une aubaine en plein désert alimentaire.

Superpouvoirs #3 — Elle se défend avec des armes chimiques
Son surnom de “fétide” lui vient d’une odeur désagréable que dégagent ses feuilles froissées. Cette odeur tient à distance les herbivores comme les chevreuils ou les lapins. Attention : toute la plante est toxique. En promenade, il faut donc l’admirer de loin et ne pas la toucher, car même un contact cutané peut être irritant.

Superpouvoirs #4 — Elle était la pharmacie des campagnes
Aux XVIIIe et XIXe siècles, ses racines étaient mâchées pour calmer les rages de dents, et son suc appliqué directement sur les verrues ou sur les morsures de vipère. Les fermiers inséraient des fragments de racines séchées sous la peau ou dans l’oreille de leurs porcs et vaches pour combattre infections et troubles nerveux, l’utilisant comme antiseptique naturel.

Où la croiser près de chez vous ?
Elle apprécie les sous-bois calcaires, les lisières ombragées et les talus boisés. Gardez l’œil ouvert le long des chemins forestiers entre décembre et mars, les tiges vert pâle portant ses fleurs se voient de loin, surtout s’il a neigé !

Cet article a été écrit par Gaëlle Cuillerot et les recherches pour l’écrire ont été faites avec l’aide de l’IA.

Sources :
Ethnobotanical, historical and histological evaluation of Helleborus L. genetic resources used in veterinary and human ethnomedicine à lire ici 

Feeding the bees in winter 

Hommage à Jean-Louis Hugerot

Jean-Louis Hugerot nous a quittés le 25 octobre dernier, décédé dans son sommeil dans sa maison de Mijoux, vraisemblablement par intoxication au monoxyde de carbone.

Un temps membre du Conseil d’administration de notre Association, ce grand AMI de la Réserve et de la Nature était resté à nos côtés. Assemblées générales, Rencontres Jurassiennes, sorties, commémorations de nos 30 ans puis 40 ans, il était toujours là, présence discrète mais ô combien attachante.

Jean-Louis avait posé ses valises à La Petite Lothière au cœur de la Vallée de la Valserine, son jardin d’ Eden dont il avait exploré les moindres recoins. Ses passions ? La botanique sous toutes ses formes, capturée en macro-photo ou cuisinée à sa façon, les papillons, les champignons, et plus globalement tout ce qui avait à trait à la nature. Passions qu’il prenait grand plaisir à partager diffusant ses savoirs, ses connaissances et sa bonne humeur lors de balades sur le Jura.

Nous perdons un ami, un grand connaisseur de la nature. Jean-Louis, tu resteras toujours présent dans nos pensées et sur ce Jura que tu aimais tant.

Jean Louis Hugerot